Claude MICHEL, doyen en la justice locale de Vic, âgé de 51 ans ou environ, a dit et déposé que ledit sieur de BOURDONNÉ empêche les juges en la fonction de leurs charges ayant vu des billets portant défense à des particuliers de se pourvoir par devant eux et entre autres le nommé FRIOT ayant été condamné il empêcha l’exécution de la sentence et par ce que le procureur fiscal et le trésorier avaient requis et pris des conclusions contre ledit FRIOT il les fit emprisonner au château, a ouï quelque fois le sieur de BOURDONNÉ menacer des sergents et qu’à lui-même il lui a défendu de faire aucune exécution pour faire payer les droits aux officiers de Vic, qu’un nommé CHABASSOL ayant eu défaut avec un nommé CHERON et n’ayant voulu acquiescer à ce qui en avait été ordonné par ledit sieur de BOURDONNÉ il le fit emprisonner par le déposant, que depuis ledit CHABASSOL a quitté la ville de Vic à cause des violences dudit sieur de BOURDONNÉ ainsi qu’il a dit, que quand il y a quelque taille jetée par les officiers de ville sur les bourgeois il en décharge les uns et en charge des autres, advoue plusieurs particuliers pour soldats et pour cela les décharge de logement de gens de guerre et contributions, même une partie ne payaient point d’impôts des denrées dont ils trafiquent lorsqu’on en levait, ce que ledit déposant sait pour avoir levé ledit impôt, qu’il souffre que les soldats aillent dans les jardins des habitants et prennent partie des fruits et lors que l’on en fait plainte au sieur de BOURDONNÉ il dit que si les arbres ne sont pas coupés il y en reviendra l’année suivante, qu’il y a 4 ou 5 ans que ledit sieur de BOURDONNÉ ordonna à un grand nombre d’habitants de ladite ville de lui fournir notable quantité d’orge à raison de 6 francs la quarte et que ceux qui n’en avaient point même le déposant ont été obligé d’en acheter à 9 ou 10 francs la quarte, que les laboureurs sont tellement surchargés de faire des charrois et corvées qu’une partie d’iceux ont abandonné et les autres sont encore sur le point de quitter, que ledit sieur de BOURDONNÉ ayant au mois de mars de l’année 1648ordonné aux habitants de Vic de lui fournir certaine quantité de blé à raison de 30 gros la quarte il n’aurait fait la levée des dits blés à cause qu’il ne valait que 2 francs ou 28 gros la quarte et 7 ou 8 après le blé ayant rehaussé jusqu’à 7 ou 8 francs il a contraint les habitants de lui fournir la quantité à laquelle ils avaient été régalé à savoir 30 gros et plusieurs particuliers ayant été contraints par le nommé LA TREILLE et le munitionnaire qui avaient les rôles en main de payer la quotité à la quelle ils avaient été régalé au prix de 30 gros chacune quarte le nommé GOURNAY domestique dudit sieur de BOURDONNÉ avec ledit LA TREILLE seraient venus environ 8 jours après et auraient contraints quelques particuliers et entre autres le nommé GOSMIEN de payer leur cote part une seconde fois et ont été contraint par le sieur DESCARTES de prendre une obligation dudit munitionnaire pour le prix de leur dit blé sans que l’on leur ait voulu faire autre justice, que la présente année ledit sieur de BOURDONNÉ ayant fait lever sur la ville de Vic et évêché la quantité de 1000 quartes de blé la ville ayant fourni sa cote part il aurait encore fait faire nouvelle visite par les officiers de sa garnison et aurait fait enlever tout le blé qu’il aurait trouvé et ne l’aurait payé et au même temps qu’il enlevait ledit blé il aurait transigé avec des communautés pour leur cote part et icelle remise jusqu’aux moissons à la charge d’en payer un tiers ou un quart au dessus de la quantité à laquelle ils ont été régalés comme lui a dit le maire de la Grande Bezange, qu’outre la levée de blé qu’il a fait faire il a contraint ceux qu’il a su avoir signé les plaintes faites contre lui à fournir dès le 13e avril dernier le pain de munition pour sa garnison suivant le rôle qu’il en a donné à un sergent de ladite garnison qu’il envoie des soldats demander ledit pain et lorsqu’ils n’en trouvent point ou qu’il n’est pas à leur fantaisie ils prennent leurs meubles et les emportent et que la nommée CLAUDE mégère voisine du déposant n’ayant pas du pain avant hui qui plût aux dits soldats ils prirent un broc qu’elle fut contrainte de courir après et leur donner du pain de boulanger tel qu’ils le désiraient, que lui qui dépose est obligé de leur en bailler pour dix sols par jour et sait que lesdits bourgeois réduits en telle extrémité que la plupart ne mangent que du pain d’orge et d’avoine et que ledit sieur de BOURDONNÉ témoigne tant d’aversion aux particuliers qui ont signé la plainte faite contre lui qu’au passage de l’armée d’ERLAC il n’a voulu permettre qu’ils réfugiassent leurs meubles dans Moyenvic et a chassé dès qu’il fut de retour de la cour à Pâques dernier la plupart des principaux officiers de Vic hors de la ville, qu’au lieu de payer les maçons et charpentiers de leurs journées quand ils travaillent aux fortifications de Moyenvic il en retient une partie et en considération de cela le sieur DESCARTES, lieutenant de Roy, les a fait décharger de partie de leurs tailles et contributions pendant le quartier d’hiver qui est ce qu’il a dit lecture faite de sa déposition, a dit qu’elle contient vérité et a signé.
