Claude MIRECOURT, tanneur demeurant à Vic, âgé de 60 ans ou environ, a dit et déposé que le sieur de BOURDONNÉ ne veut point permettre que l’on plaide et que des sergents ayant voulu faire payer la gabelle ont été battus et que lorsqu’il y a quelque taille jetée sur les bourgeois par les officiers de ville il en décharge les uns à la foule des autres, qu’il a dans la ville plusieurs bourgeois qu’il advoue pour soldats auxquels il ne donne rien et les décharge de logement et contributions et qu’il exempte ceux qui trafiquent de payer la gabelle ce qui ruine la ville, que les soldats de la garnison vont prendre les fruits des vignes et jardins et lorsque l’on en fait plainte audit sieur de BOURDONNÉ il demande en raillant s’ils ont emporté les arbres et que s’ils les ont laissé il en reviendra d’autres l’année suivante, qu’ayant ordonné aux habitants de Vic de lui fournir 20 hommes par jour pour nettoyer les fossés lorsque quelqu’un y manque il lui fait payer 10 gros ou un franc par jour et ni veut recevoir femmes ni filles, qu’au mois de mars de l’année dernière ayant ordonné auxdits habitants de lui fournir 5 ou 600 quartes de blé à raison de 30 gros la quarte voyant qu’il diminuait de prix il ne l’aurait fait lever quoi que plusieurs l’eussent offert à ses gens et sur la fin de l’année que le blé valait 8 ou 9 francs la quarte il les a contraint de le lever à raison de 30 gros et plusieurs particuliers ayant payé leur cote part au munitionnaire et suite des commandements à eux fait par le nommé LA TREILLE sergent de la garnison du château ils ont été forcés par le nommé GOURNAY, domestique dudit sieur de BOURDONNÉ de payer une seconde fois sous prétexte qu’ils n’avaient pas bien payé audit munitionnaire bien qu’il eut un ordre, qu’en cette année ayant été ordonné aux bourgeois de la ville et de l’évêché d’en fournir 1000 quartes pour la subsistance de la garnison et la ville ayant été cotisé à 140 quartes chaque particulier a payer ce de quoi il a été régalé à raison de 4 francs la quarte bien qu’elle leur coûta 9 à 10, nonobstant quoi ledit sieur de BOURDONNÉ aurait envoyé 8 jours après une visiter les maisons des particuliers habitants et d’y enlever tout le blé qui leur restait et à lui qui dépose il lui en était resté 2 quartes que ledit GOURNAY, lui fit prendre ce qui a réduit une partie des habitants à manger du pain d’orge et d’avoine, bien que ledit sieur de BOURDONNÉ ait grande quantité de blé à ce que l’on dit dont une partie se gâte et a dit qu’il a traité avec les communautés pour la cote part qu’elles devaient fournir desdites 1000 quartes à la charge d’en payer une quantité plus grande aux moissons prochaines que celles qu’elles ont été cette fois et a ouï dire au maire d’Haboudange qu’ils en devaient délivrer 11 quartes au lieu de 8 qu’ils étaient imposés et qu’en même temps qu’il a pris le blé aux bourgeois de Moyenvic et qu’il a composé avec les communautés il a obligé tous ceux qu’il a su s’être plaint de lui de fournir du pain de munition aux soldats et quand ils le viennent prendre ils ne se veulent contenter du pain que les bourgeois mangent et en veulent avoir du blanc et qu’en haine desdites plaintes ledit sieur de BOURDONNÉ a chassé dès Pâques dernier les principaux officiers de ladite ville de Vic qui sont encore à présent à Marsal que depuis 2 ou 3 ans il a forcé les habitants de Vic à fournir le bois et la chandelle pour la garnison de Moyenvic qui est ce qu’il a dit, lecture faite de sa déposition a persisté en icelle et a signé.
