Didier FLAMANT, sergent en la mairie de Vic, âgé de 49 ans, a dit que le sieur de BOURDONNÉ empêche aux officiers de justice l’exercice de leurs charges que les particuliers qui ont quelque différents et qui ne veulent pas déférer à ce qu’il ordonne il les fait emprisonner et entre autres le nommé CHABASSOL qu’il a contraint de sortir de la ville, qu’un nommé ROLLET ayant été grièvement blessé et en danger de sa vie en levant la gabelle et impôts de la ville ledit sieur de BOURDONNÉ ne voulut permettre que justice en fut faite et que le nommé THIRIET qui l’avait ainsi mal traité étant sorti de la ville il l’a fait rentrer et défendu que l’on ne lui fit rien, que quand il y a quelques tailles jetées par les officiers de la ville pour contributions et autres choses ledit sieur de BOURDONNÉ décharge des particuliers à sa fantaisie sans souffrir qu’aucun paye que ceux qu’il veut, qu’il advoue plusieurs personnes pour soldats auxquels il ne donne rien mais les décharge de logement et contribution et bien qu’ils fassent de grand trafics il ne veut pas qu’ils paient les gabelles et droits dus à la ville, que les soldats de la garnison vont dans les jardins et pillent tout et quand on en fait plainte audit sieur de BOURDONNÉ il dit qu’ils n’emportent pas les arbres et qu’il y en viendra l’année suivante, que les laboureurs sont tellement surchargés de charrois et corvées que quelques uns ont abandonné la ville et les autres menacent d’en faire de même si cela continue, qu’au commencement de l’année dernière ayant ordonné aux habitants de Vic de lui fournir une grand quantité de blé, ne sait quelle, à raison de 30 gros la quarte, elle fut régalée par les officiers de Vic et comme le blé vint à diminuer de prix ledit sieur de BOURDONNÉ ne le fit lever que sur la fin de l’année qu’il valait 8 francs la quarte et ne le voulut payer qu’à 30 gros, que quelques uns ayant donné au munitionnaire la quantité à laquelle ils étaient cotisés ils ont été contraints de la payer une seconde fois au nommé GOURNAY, domestique dudit sieur de BOURDONNÉ, que la présente année ayant ordonné aux habitants et communauté de ladite ville de l’évêché de fournir la quantité de 1000 quartes de blé pour la garnison à raison de 4 francs la quarte quoiqu’il valut 8 ou 10 francs après que les bourgeois de Vic ont payé et fourni la quantité qu’ils étaient cotisés ledit sieur de BOURDONNÉ a fait enlever tout le reste des grains sans en rien payer outre a contraint depuis deux mois les particuliers qu’il a su avoir fait plainte contre lui de fournir le pain de munition de la garnison et qu’il chassa de la ville le lendemain de Pâques les principaux officiers de la justice, le maire et le receveur, que depuis deux ans ou environ il a obligé la ville de Vic de fournir par jour 15 ou 20 hommes et quelques fois jusqu’à 25 et 30 pour travailler aux fortifications et curer les fossés de Moyenvic, que depuis quelques temps il n’y veut plus recevoir femmes ni filles et lorsque quelqu’un manque il fait mettre un soldat à sa place auquel il fait donner un franc par jour, a ouï faire de grandes plaintes aux maçons et charpentiers qui travaillent auxdites fortifications qu’ils ne recevaient rien ou fort peu de leur travail et qu’à cause de cela il les fait décharger de la moitié ou d’un tiers des tailles qu’ils sont obligés de payer, qui est ce qu’il a dit savoir desdites plaintes, lecture faite et sa déposition a dit qu’elle contient vérité et a signé.
