Fiacre CLAUDINET comte ( ?) de ville à Vic, âgé de 60 ans ou environ, a dit et déposé que ledit sieur de BOURDONNÉ empêche que la justice se rende audit Vic par les officiers que lui qui dépose ayant obtenu sentences contre quelques particuliers il ne les a pu faire mettre à exécution, qu’il a plusieurs bourgeois qu’il advoue pour soldats lesquels il exempte de logement de gens de guerre et de toutes tailles et contributions  et quoi qu’ils fassent de grand trafic il les exempte de payer les gabelles ou la plupart ce qui empêche les autres bourgeois de trafiquer qu’il souffre que ses soldats pillent les fruits qui sont dans les jardins et héritages des habitants et que l’un desdits soldats a même tué un bourgeois de Château-Salins dans son héritage sans que l’on en ait fait justice et  lorsque l’on en fait plainte audit sieur de BOURDONNÉ il dit que Dieu envoie lesdits fruits et que l’année suivante il y en viendra d’autres, qu’il contraignit les bourgeois il y a 4 ou 5 ans de fournir de l’orge à 6 francs la quarte encore qu’elle en valut 9, qu’il charge les laboureurs de la ville et des lieux circonvoisins de tant de corvées et de charrois qu’une partie ont abandonné et le reste serait obligé de quitter si cela continue, qu’au commencement de la présente année ayant demandé la quantité de 1000 quartes de blé sur tout l’évêché en vertu d’une lettre de cachet la ville lui a fourni la quantité à laquelle elle a été cotisée dont il n’a payé que 4 francs de la quarte encore qu’elle en valut 8 ou 9 francs et fit encore faire incontinent après une visite et recherche de blé fit prendre tout ce qu’il en trouva et que l’on en pris au logis de lui qui dépose 15 quartes et demi appartenant au nommé GUERIN et son gendre du village de Gremecey et ledit GUERIN s’étant allé plaindre qu’il n’avait plus de blé pour sa nourriture le nommé GOURNAY domestique dudit sieur de BOURDONNÉ lui dit qu’il lui en baillerait 2 quartes s’il lui voulait rendre 3 aux moissons prochaines et qu’après avoir fait prendre la plupart des blé des particuliers il a contraint ceux qu’il a vu s’être plaint de lui à fournir le pain de munition pour sa garnison entre lesquels est ledit déposant et n’a voulu souffrir que les autres habitants y contribuassent de sorte qu’une partie sont réduits à manger du pain d’orge et d’avoine et qu’en haine desdites plaintes il a chassé hors de la ville les principaux officiers qui sont encore réfugiés à Marsal, qu’ayant obtenu lettres de cachet l’année dernière pour faire curer les fossés de Moyenvic il ordonna aux habitants de la ville et aux communautés de l’évêché de fournir cent hommes par jour et la ville de Vic ayant été cotisé pour sa part à quinze il décharge des communautés moyennant un franc ou 10 gros par jour pour chacun homme qu’ils sont obligés de fournir et pendant les vendanges il en a voulu avoir trente et lorsque l’on y manquait il faisait payer 8 gros pour homme qui est ce qu’il a dit savoir, lecture faite de sa déposition a dit qu’elle contient vérité a déclaré ne savoir signé et a fait sa marque.