Henry BREZADE, bourgeois de Vic, âgé de 59 ans ou environ, a dit et déposé  que ledit sieur de BOURDONNÉ empêche très certainement les officiers de justice en l’exercice de leurs charges et que personne n’oserait s’adresser à eux pour les différents qu’ils ont les uns contre les autres et lui qui dépose ne pouvant tirer aucune chose de ce qui lui est du par quelques particuliers à cause de cela, sait qu’un nommé FRIOT ayant fait injures aux officiers de justice et police dans leur siège et pour ce sujet condamné en quelque amende en réparation ledit sieur de BOURDONNÉ empêcha l’exécution du jugement et parce que le procureur d’office et le trésorier de Monsieur de Metz l’avaient poursuivi il les fit prendre et mener prisonniers au château dont y ayant eu plainte à Paris le sieur de BOURDONNÉ fit dresse une requête par le sieur de MAILLY, lieutenant en la garnison, laquelle il envoya au déposant avec ordre de la faire signer aux bourgeois le même jour dans les 9 heures du matin et que ladite requête était pour sa justification et qu’il ne faisait rien que pour le service de la Reyne, a dit encore que quand il y a quelque taille jetée sur les bourgeois par les officiers de police pour Quartier d’hiver et autres nécessités ledit sieur de BOURDONNÉ en décharge les uns pour surcharger les autres, advoue grand nombre de bourgeois pour soldats lesquels il décharge de logement et de toutes tailles et contributions et bien que lesdits advoués fassent trafic de vin et autres denrées il les exempte de toutes gabelles ce qui empêche les autres bourgeois de trafiquer et les surcharges d’impôts et de logements, a encore déposé que les soldats de la garnison de Moyenvic sous prétexte d’être pressés de logement viennent dans Vic et obligent  les particuliers  de leur bailler logement bien qu à cause du grand nombre d’advoués ce leur soit une grande charge, vont encore lesdits soldats piller et fourrager les jardins et héritages de bourgeois qui sont proches de la ville prenant les fruits, pois, fèves et tout ce qu’ils y trouvent  et lorsque l’on en fait plainte audit sieur de BOURDONNÉ il n’en fait aucune justice leur dit qu’il y en viendra d’autres l’année suivante et que Dieu les envoie, a dit aussi qu’il charge tellement les laboureurs de la ville de Vic de charrois et corvées que la plupart ont été contraints d’abandonner et les autres qui restent menacent le semblable ce qui incommode aussi grandement les autres bourgeois et que lui déposant a quelques terres n’a jamais pu les faire labourer lesdits laboureurs étant toujours occupés par ledit sieur de BOURDONNÉ, qu’il y a deux ans sous prétexte de faire curer les fossés de la ville de Moyenvic il leva 2000 francs barrois sur tout l’évêché et la ville de Vic ayant payé sa cote part il ne laissa pas de contraindre les bourgeois d’y aller par corvées et l’année dernière sure une lettre de cachet qui portait encore ordre de nettoyer lesdits fossés il ordonna à tout l’évêché de lui fournir cent hommes par jour dont la ville de Vic ayant été cotisée à 15 il a traité avec toutes les autres communautés pour de l’argent et a obligé ladite ville de lui en bailler 20 et encore pendant les vendanges  fors un seul jour d’exemption qu’il leur donna il en fit donner 30 et quand il arrivait quelque demi journée de mauvais temps et qu’il fallait quitter le travail il obligeait le lendemain lesdits habitants avec ceux qui venaient pour travailler en leur jour d’y demeurer une demi journée et ainsi les forçait à travailler un jour et demi et quand quelqu’un a manqué à ladite corvée, il leur fait payer un franc, a dit qu’au commencement de l’année dernière ayant ordonné aux habitants de Vic de lui fournir 600 quartes de blé à raison de 30 gros la quarte, chaque bourgeois ayant été cotisé pour ce qu’il en devait fournir et ledit sieur de BOURDONNÉ et ses gens ayant été avertis de le venir lever il n’en voulu rien faire à cause que le blé diminué de prix , vingt à vingt huit gros, 2 francs barrois la quarte, et sur la fin de l’année dernière ayant reconnu que le blé était augmenté et valait 7 et 8 francs il contraignit les habitants de lui livrer ledit blé selon leurs cotes et n’en voulu payer que trente gros pour quarte ayant envoyé le nommé LA TREILLE, sergent du château de Vic les contraindre et encore plusieurs et encore plusieurs habitants ayant livré leur blé audit munitionnaire en présence dudit sergent le nommé GOURNAY domestique du sieur de BOURDONNÉ ne laissa pas de les forcer brisant les portes de leurs greniers de lui fournir une seconde fois leur cote part, sous prétexte qu’il disait que ledit munitionnaire n’avait eu ordre de lui et pour couvrir cette violence et sur le bruit qu’en ont fait lesdits habitants le sieur DESCARTES a fait passer une obligation audit munitionnaire qui n’a rien vaillant au profit desdits habitants contre leur gré et en l’absence de la plupart d’iceux, a dit en outre qu’au mois de février dernier ledit sieur de BOURDONNÉ ayant obtenu lettre de cachet qui obligeait les habitants de l’évêché de fournir 1000 quartes de blé pour la garnison de Moyenvic la ville de Vic ayant été régalée à 140 quartes les habitants ont été contraints de les délivrer au prix ce 4 francs la quarte  bien qu’elle en valut 9 et 10 et que la plupart desdits bourgeois l’achetasse cela pour fournir leur cote ledit sieur de BOURDONNÉ envoya les officiers de la garnison de Moyenvic faire une nouvelle visite et recherche dans les maisons des particuliers et leur fit enlever tout ce qui leur en restait de sorte que la plupart sont réduits à manger du pain d’orge et d’avoine encore ont-ils bien de la peine d’en trouver et pendant qu’il faisait enlever le blé desdits bourgeois a ouï dire qu’il avait traité avec les communautés de lui délivrer la quantité de blé qu’elles étaient cotisées aux moissons prochaines à la charge de lui bailler une quantité plus grande mais ne sait pas bien quelle et de plus ledit sieur de BOURDONNÉ a pris ou fait prendre tous les blés, a contraint les bourgeois qui ont signé la plainte faite contre lui à Monsieur l’intendant de fournir le pain de munition pour sa garnison et n’a voulu souffrir que les autres bourgeois les aidassent en ladite fourniture et envoie ses soldats chez les particuliers quérir leur pain et lorsqu’à cause de leur pauvreté ils n’en peuvent fournir ou qu’il n’est pas tel qu’ils le désiraient, il fait prendre les meubles desdits bourgeois qui sont portés chez des boulangers qui leur livrent du pain et quelques fois les contraignent à leur fournir du pain notamment lui qui dépose ils le forcèrent de leur en bailler la veille de la Pentecôte et le jour du saint sacrement et s’il ne l’eusse fait ils le menaçaient  d’emporter ses meubles ce qui se fait par une haine qu’à contre eux ledit sieur de BOURDONNÉ ayant dans ses greniers grande quantité de blé dont une partie se gâte comme il a ouï dire aux soldats de la garnison et a empêché lesdits bourgeois de réfugier leurs meilleurs meubles dans le château de Vic ou Moyenvic lors du passage de l’armée d’ERLACH et depuis qu’il est de retour de la cour sur ce qu’il a su  que les sieurs DROUART et LE CHANGEUR, lieutenant général et trésorier, le maire de la ville et le receveur avaient favorisé les plaintes il les a chassé de ladite ville et de son gouvernement, a dit encore que lorsqu’il faut fournir des étapes pour le service du Roy ou jeter quelques tailles pour le quartier d’hiver suivant les ordres de Monsieur l’Intendant ledit sieur de BOURDONNÉ n’en fait compte qui est tout ce qu’il dit savoir, lecture faite de sa déposition a dit qu’elle contient vérité et a signé.