Jacquot JANMAIRE, laboureur demeurant à Vic, âgé de 49 ans ou environ, a dit avoir ouï faire plainte à plusieurs sergents qu’ils n’osaient faire aucune exécution ni signifier aucun jugement dans la ville de Vic et autres lieux dépendants du gouvernement de Moyenvic à cause que le sieur de BOURDONNÉ menaçait de les chasser s’ils le faisaient, qu’il y a plainte universelle de tous les laboureurs de la grande quantité de corvées qu’il leur fait faire qui leur ôte tout le temps de pouvoir travailler à leur labourage ce qui les a fait se résoudre pour en avoir été surchargé depuis 6 années à quitter après avoir fait le peu de récolte qu’il ont a faire, ladite ville de Vic en laquelle il ni a eu depuis qu’il est gouverneur que quinze ou seize charrues et y en ayant à présent beaucoup moins ayant été contraint de faire par chacun an mille ou douze cents charrois, que les soldats de ladite garnison vont dans les jardins des particuliers habitants prendre les pois, fèves et fruits et que quand l’on en fait plainte audit sieur de BOURDONNÉ il dit qu’ils n’emportent pas les arbres qu’ils reviendront et se moque ainsi d’eux, qu’il y a un an et demi que ledit sieur de BOURDONNÉ ayant fait faire visite des blés qui étaient dans la ville et villages de son gouvernement, il ordonna qu’il en serait pris une certaine quantité pour la subsistance des soldats et payée à raison de 30 gros la quarte qui était le prix qu’il valait lors laquelle ayant été imposée et régalée par les magistrats de la ville les particuliers l’ayant été offrir au nommé GOURNAY, domestique dudit BOURDONNÉ et qui était par lui proposé pour le recevoir il les refusa et environ une année après il envoya le manutentionnaire de la garnison avec le nommé LA TREILLE, sergent, lui faire commandement de livrer le blé auquel ils avaient été imposés un an auparavant avec menace que s’ils ne le livraient on leur enverrait des soldats chez eux ce qui les aurait contraint de le fournir et n’aurait voulu le payer qu’à 30 gros la quarte bien qu’il valu lors 7 ou 8 francs barrois et huit jours après ledit GOURNAY vint lui-même avec ledit LA TREILLE et d’autres soldats par les maisons des bourgeois qu’il força de fournir une seconde fois la même taxe rompant les portes des greniers sous prétexte qu’il disait qu’ils avaient mal payé audit manutentionnaire encore que le blé qu’ils lui avaient délivré eut été réduit en farine et mené dans Moyenvic et employé à la nourriture des soldats, a dit qu’il y a 3 ans que ledit sieur de BOURDONNÉ fit lever certaine quantité d’orge sur les laboureurs, ne sait quelle, et forçait ceux qui n’en avaient point d’en acheter pour lui vendre et que ce qui valait 9 francs il n’en payait que 6, que ayant eu permission de faire lever du blé dans son gouvernement pour la subsistance de la garnison il y a environ trois mois qu’il fit faire l’imposition et voulait que la ville de Vic la paya activement et en décharger les bourgs et villages de quoi les habitants s’étant plaint à monsieur l’Intendant il aurait ordonné que ladite quantité de blé qui était à lever serait régalée sur tout l’évêché, que ladite ville a payé sa cote part et n’a été payé par ledit de BOURDONNÉ qu’à raison de 4 francs la quarte bien qu’elle valu 9 et 10, qu’il n’a point fait payer les habitants des bourgs et villages mais a pris des obligations d’eux , entre autres sait qu’il a pris une obligation des habitants de Réchicourt le Château de la quantité de 50 quartes au lieu de 40 qu’ils étaient régalés pour les attendre jusqu’au mois d’août, a ouï dire que beaucoup d’autres communautés ont fait semblables traités avec lui et cependant il contraint ceux de la ville qui sait s’être plaint de ses violences de fournir le pain de la garnison par avance bien qu’un jour ou deux auparavant il eut envoyé dans les maisons des particuliers enlever le blé et la farine qu’ils y auraient trouvé et entre autres chez le sieur HUYN où ils n’auraient laissé quoique ce soit, lui déposant ayant été contraint par les officiers commandé pour enlever lesdits blés d’aller avec son char le mener au château et que quand pour n’avoir de blé ils ne peuvent fournir ledit pain il envoie des soldats prendre chez eux des gages qu’ils portent aux boulanger et que lui qui dépose pour se redimer de cette vexation a donné du blé à un boulanger à cause que lesdits soldats ne se contentaient du pain qu’on leur donnait et menaçaient de battre et outrager si on ne leur donnait ce qu’ils demandaient que ledit sieur de BOURDONNÉ a réduit à telles nécessités les bourgeois que la plupart sont contraints de manger du pain d’orge et d’avoine, a dit en outre que la façon du bois de chauffage de la garnison de Moyenvic est payé par la ville de Vic et par la communauté et qu’il a vu l’année dernière le nommé HUYN …. en donner 80 francs audit GOURNAY et qu’outre cette taxe ladite ville fournit encore trois cordes de bois par mois pour la garnison du château de Vic, que peu après que ledit sieur de BOURDONNÉ fut retourné de Paris il chassa tous les officiers de la ville de Vic à cause des plaintes qui avaient été faites contre lui et même le sieur DROUART, lieutenant général, quoi qu’il eut pour lors la goutte, qui est ce qu’il a dit savoir, lecture faite de sa déposition a dit qu’elle contient vérité et a signé.
