Jean CAESAR, pelletier demeurant à Vic, âgé de 49 ans ou environ, a dit et déclaré qu’il est tout notoire à Vic que le sieur de BOURDONNÉ empêche les officiers de justice en l’exercice de leurs charges et que les habitants n’oseraient s’adresser à eux pour les différents qu’ils ont les uns contre les autres, veut qu’ils se tiennent à ce qu’il ordonne et qu’un nommé CHABASSOL n’ayant voulu déférer à ce qu’il avait ordonné il a été contraint de sortir de la ville, que quand il faut lever quelques tailles pour les contributions et quartier d’hiver après que les officiers de la ville ont fait le jet, il fait défense de l’exécuter et qu’il a fait faire défense à lui qui dépose par le sergent LA TREILLE de lever les tailles de ceux qu’il décharge, qu’en ayant voulu faire payer quelque uns et ayant pris des gages ledit sergent LA TREILLE les aurait repris et rendu lui-même, que ledit sieur de BOURDONNÉ advoue plusieurs bourgeois pour soldats aux quels il ne donne rien sinon qu’il les exempte de tailles et contributions et que lorsqu’ils font trafic il les décharge de la gabelle ce qui est cause que lui qui dépose qui en a été fermier y a perdu plus de 1500 francs, que lesdits soldats de la garnison vont dans les jardins, vignes et héritages, pillent tout et quand ils s’y pensent opposer ils les battent et même il y en a eu un de tué et que lorsqu’on en fait plainte audit sieur de BOURDONNÉ il dit que cela ne coûte rien à venir et qu’il en viendra d’autres l’année suivante, que les laboureurs de ladite ville sont tellement chargés de charrois et corvées pour ledit sieur de BOURDONNÉ que la plupart ont abandonné ce qui est cause que quantité de terres demeurent incultes et que le blé est à un prix excessif, a dit qu’il y a environ 2 ans que ledit sieur de BOURDONNÉ fit faire une levée pour curer les fossés de Moyenvic et que lui déposant leva une taille de de 6 ou 700 francs, que nonobstant cette levée il a demandé une lettre de cachet en vertu d’icelle ordonné aux communautés de l’évêché de lui fournir cent hommes par jour pour travailler auxdits fossés et autres fortifications dont la ville de Vic en devait fournir quinze pour sa part et ceux qui s’en veulent décharger payent une certaine somme d’argent et que lui qui dépose a payé 10 gros par jour qu’il a voulu s’exempter ledit sieur de BOURDONNÉ ne voulant recevoir leurs femmes ni filles quelles fortes qu’elles soient, a dit en outre qu’au mois de mars de l’année dernière ledit sieur de BOURDONNÉ fit faire visite des blés qui étaient dans la ville il ordonna que les bourgeois lui en fourniraient 5 ou 600 à raison de 30 gros la quarte et qu’ayant vu que le blé diminuait il ne voulu pas prendre mais sur la fin de l’année vers le mois de décembre il envoya le nommé LA TREILLE, sergent du château avec le munitionnaire de sa garnison faire commandement aux bourgeois de livrer le blé qu’il n’avait voulu prendre et ne le paya qu’à 30 gros bien qu’il valut 8 ou 9 francs la quarte et que plusieurs ayant payé audit munitionnaire par le commandement dudit LA TREILLE le nommé GOURNAY, domestique dudit sieur de BOURDONNÉ ne laissa pas assisté du même LA TREILLE et avec force et violence de prendre pareille quantité de blé que celle à laquelle ils auraient été cotisé sans en rien payer et bien qu’ils s’en soient plaints il ne leur en a fait aucune justice et qu’en cette année ayant fait lever 1000 quartes de blé dans la ville et évêché les bourgeois de ladite ville ayant payé chacun la cote part à laquelle ils étaient cotisés ledit sieur de BOURDONNÉ ne laissa pas de faire enlever par les officiers de la garnison tout le blé qui leur restait et qu’à lui qui dépose on lui en prit trois quartes ce qui est cause que plusieurs bourgeois ne mangent que du pain d’orge et d’avoine bien que ledit sieur de BOURDONNÉ ait deux greniers de blé dans lesquels on dit qu’il y en a hauteur d’homme a dit aussi que depuis deux mois en ça ledit sieur de BOURDONNÉ a forcé ceux qui se sont plaint de lui à fournir du pain de munition pour la garnison et que lorsque lesdits soldats ne trouvent pas le pain à leur fantaisie ou que les bourgeois n’en ont point ils emportent leurs meubles , que lui qui dépose leur en ayant présenté de celui qu’il mange ils n’en auraient point voulu prendre et aurait été contraint de leur en bailler du blanc dont quelques uns en ayant voulu faire plainte audit sieur de BOURDONNÉ il ne les a voulu écouter, qu’en haine de ce qu’ils se sont plaints il a fait refus de réfugier leurs meubles dans le château de Vic et Moyenvic et que lui qui dépose a transporté sa marchandise audit château à son insu par le moyen d’un soldat qui est son ami, qu’en haine desdites plaintes ledit sieur de BOURDONNÉ a chassé de la ville les principaux officiers de la justice et que depuis quelques années il fait fournir les bois et les chandelles de la garnison du château de Vic et de Moyenvic même fait payer le blanchissage des linceuls des soldats dudit château, qui est ce qu’il dit savoir desdites plaintes, lecture faite de sa déposition a dit qu’elle contient vérité et a signé.
