Jean FRIOT, marchand bourgeois de Vic, âgé de 53 ans ou environ a dit et déposé qu’au mois de mars de l’année dernière 1648 le sieur de BOURDONNÉ fit faire commandement aux habitants de Vic de lui fournir une grande quantité de blé à raison de 30 gros la quarte qui était le prix qu’il valait lors, que le déposant fut cotisé à 30 quartes pour sa part lesquelles ayant délivré et n’ayant été payé par l’ordre du nommé GOURNAY, domestique dudit sieur de BOURDONNÉ, sur la fin de l’année il voulut encore lui faire fournir une seconde fois lesdites 30 quartes lui disant qu’il les avait mal délivrées et qu’il fut contraint de composer avec ledit GOURNAY et lui donner 6 pistoles, a dit aussi que espace 3 mois ou environ ledit sieur de BOURDONN fait prendre tout le blé des particuliers encore qu’il en eût à ce que l’on dit par bruit commun qui se gâtait et a composé avec les maires de communautés en argent pour le blé qu’il leur demandait et aux autres il leur a baillé du temps pour le lui fournir à charge d’augmenter du quart ou du cinquième, que ledit sieur de BOURDONNÉ a plusieurs bourgeois dans la ville de Vic qu’il advoue pour soldat lesquels il exempte de logement, contributions et gabelle et autres charges bien qu’ils trafiquent comme les autres bourgeois, qu’il ne veut permettre qu’aucun se fasse payer de ce qui lui peut être du, ce qui ruine beaucoup de particuliers, que l’hiver passé des soldats ayant faits de grandes insolences et violences dans la ville les magistrats en auraient fait plainte à Monsieur l’Intendant qui aurait envoyé commission à maître François CLOPSTEIN pour en informer de quoi le sieur DESCARTES étant averti l’aurait empêché et chassé avec violence hors de la ville et ledit sieur de BOURDONNÉ étant retourné de Paris vers la semaine sainte ayant appris que la plainte avait été faite par lesdits magistrats il aurait chassé de la ville quatre des principaux d’iceux qui ne sont encore rentrés, que sous prétexte des fortifications de Moyenvic ledit sieur de BOURDONNÉ tire de l’argent des châtellenies et autres villages et que lui qui dépose a fourni du fer pour lesdites fortifications et pour les portes et ponts jusqu’à 40 pistoles dont il ne peut être payé et a vu des lettres que le sieur de BOURDONNÉ a écrit au sieur DESCARTES portant défense de le payer, qui est ce qu’il a dit, lecture faite de sa déposition a dit qu’elle contient vérité et a signé.
