Nicolas POUXENOTTE, sergent en la mairie de Vic, âgé de 55 ans ou environ, a dit et déposé qu’il est tout notoire que ledit sieur de BOURDONNÉ empêche les officiers de la justice en la fonction de leurs charges et qu’il a fait défense aux sergents  de mettre à exécution aucune commission sentence ni autre acte de justice, que lorsqu’ils ont faits quelques saisies il fait rendre les gages qu’ils ont pris et les menaces de les faire mettre dans la tour noire qui est prison fort puante et obscure, que quand pour les dettes de la ville et contributions les officiers de justice ont faits quelques jets et régalement  il en décharge les uns et surcharge des autres, qu’il y a plusieurs bourgeois qu’il advoue pour soldats auxquels il ne baille aucune chose et les décharge de logement et de contributions et qu’il exempte ceux qui trafiquent de payer les droits et gabelles dues à la ville ce qui ruine ni ayant autre rente pour l’entretement  de ponts, portes et murailles, que les soldats de la garnison font tels dégâts dans les héritages, vignes et jardins que les propriétaires sont contraints de les abandonner et que lorsque l’on en fait plainte au sieur de BOURDONNÉ il dit qu’il y en reviendra l’année suivante s’ils n’ont pas emporté les arbres et n’en fait aucune justice, que les laboureurs de la ville sont tellement surchargés de charrois qu’il en ont fait plainte aux officiers de la ville et leur ont dit que si cela continuait ils seraient obligés de quitter, a dit aussi qu’il y a près de deux ans que ledit sieur de BOURDONNÉ a levé par préférence à tout autres tailles une somme notable pour curer les fossés de Moyenvic et a ouï dire jusqu’à 2000 francs barrois et nonobstant qu’il ait payé la somme il ne laisse pas de les faire travailler par corvées et ne veut recevoir audit travail aucune femme ni fille, veut que les maîtres des loges y aillent en personne et quand il n’y peuvent aller il leur fait payer en argent la journée d’un homme, a dit encore qu’au mois de février dernier y ayant eu ordre aux habitants de la ville et de l’évêché de fournir la quantité de 1000 quartes de blé pour subsistance de la garnison de Moyenvic ceux de Vic ayant fourni leur cote part ledit sieur de BOURDONNÉ n’aurait laissé de leur faire prendre ce qui leur en restait avec tant de rudesse qu’une pauvre femme du village de Harracourt (=Arracourt ?) qui en avait réfugié au logis d’un particulier ayant été prier ledit sieur de BOURDONNÉ de lui en faire rendre quelques quartes pour sa nourriture elle aurait été battu et excédée par son intendant ainsi quelle a dit à la femme de lui qui dépose et qui s’est fait sans nécessité , les soldats même de la garnison assurant qu’il a des greniers de blé qui se gâte, ajoute qu’après avoir enlevé tout leur blé il force encore ceux qu’il sait s’être plaint de lui à fournir le pain de munition aux soldats de la garnison ce qu’ils font depuis deux mois qu’il envoie quérir le pain par lesdits soldats même et lorsqu’il ne leur plait pas, obligent les habitants  de leur en fournir du blanc ou prennent des gages, qu’il à telle aversion contre lesdits habitants contre lesdits habitants pour s’être plaints qu’ayant voulu réfugier quelques meubles dans le château de Vic ou à Moyenvic lors du passage de l’armée d’ERLAC, il leur fit dire qu’il ne les recevraient pas et non content de ce a chassé de la ville dès le lendemain de Pâques les principaux officiers qui sont encore à présent réfugiés à Marsal, a ouï plusieurs fois les ouvriers qui travaillent aux fortifications de Moyenvic faire plainte qu’ils n’étaient pas payés et qu’un  tarillon quitta pour raison de ce et s’en alla travailler à Drouville ce que ledit sieur de BOURDONNÉ ayant appris il mit la femme dudit tarillon hors de la ville de sorte que pour avoir permission de rentrer son mari fut obligé de retourner travailler aux fortifications, adit en outre que ledit sieur de BOURDONNÉ empêche tellement les fonctions des officiers de justice qu’ayant voulu faire appeler des particuliers qui lui avaient laissé ruiner une vigne il ne le voulut permettre ce qui lui coûte plus de 300 Francs qui est de qu’il a dit savoir desdites plaintes, lecture faite de sa déposition a dit quelle contient vérité et a signé.